Boules de pâte qui se vendent en boite.
C’est quoi ça ? vous vous demandez certainement.
Figurez vous que c’est l’une des définitions de ce que l’on appelle habituellement « gnoquis » en France, ñoquis en Argentine. Ce plat se fait avec beaucoup d’enthousiasme en Argentine, car il s’agit de l’héritage des immigrants italiens dans mon pays.
« Boules de pâte qui se vendent en boite » c’est la définition qui a été donné par un homme dont je vais taire le nom. Il y a longtemps alors que je faisais une de mes crises de mélancolie patriotique, je lui ai dit :
- Et si l’on mange des gnoquis ?
- C’est lesquels les gnoquis ?
J’ai été très étonnée car j’imaginais que toute la terre mangeait des gnoquis et en plus que toute la terre les mangeait le 29 de chaque mois, il ne s’agit vraiment pas d’ ethnocentrisme mais de simple ignorance.
Il a ajouté
- Ahh ouéé ! c’est les boules de pâte qui se vendent en boite !
- Quoi ! BOULES DE PATE QUI SE VENDENT EN BOITE ?!
Ouille!ouille!ouille! il me semble que l’on ne va jamais te donner la nationalité argentine si c’est comme ça… J’ajoute que le monsieur en question veut fervemment cette nationalité : et oui ! ces choses là arrivent aussi !
Vous savez, je peux rectifier calmement chaque fois que l’on me place l’Argentine juste au milieu de la Colombie et du Venezuela, ou lorsqu’on me demande si le village Buenos Aires est grand ? ou si je danse bien le flamenco, ou que l’on me regarde l’air rêveur pour me dire
« ah vous avez de la chance les argentins, avoir l’été toute l’année... » mais le coup des gnoquis, ça m’a vraiment tuée.
Quant à la date pour les manger : c’est le 29 de chaque mois, car à cette époque là (comme maintenant je tiens à éclaircir) il n’y avait pas d’argent pour acheter soit de la viande, soit… de la viande, donc un peu de farine, quelques patates et des œufs faisaient l’affaire.
Ensuite chaque famille ajoutait quelque chose d’autre, ma grande mère par exemple disait toujours :
- Celui qui a la feuille de laurier dans l’assiette fait la vaisselle !
Il faut pas vous illusionner, c’était toujours les femmes qui la faisaient à part, ou on mettait de l’argent sous une assiette et celui qui s’asseyait le gagnait… mais vous pouvez aussi vous épanouir en cherchant autre chose : qui a le laurier paie le forfait de téléphone, boit le dernier muscat ou des choses comme ça…

Quant à la sauce, en Argentine on mange ça avec « tuco » qui est la bonne vieille sauce tomate classique, quoique cette fois on a mis de la cardamome noire et du garam massala. Pour ce qui est de la recette : celle là est un mélange d’épinards, farine et œuf.
Et bonne rentrée!